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Comment trouver un développeur pour son projet, et bien le choisir

Trouver un développeur, ce n'est pas difficile. Trouver le bon, celui qui livrera une plateforme qui tient et vous laissera les clés, demande de poser les bonnes questions avant de signer.

Par Maxime7 min de lecture

Des dizaines de clés éparpillées sur une table sombre, au-dessus desquelles flotte une seule clé lumineuse, prête à ouvrir un cadenas en forme de fenêtre de site web

Quand un porteur de projet me contacte, ce n'est pas toujours pour un premier développement. Parfois, il a déjà essayé, et ça s'est mal passé.

Trois de mes clients sont arrivés ainsi, par le bouche-à-oreille, après être passés par le même prestataire. Les uns avaient un site qui ne fonctionnait pas, les autres un site qui ne correspondait pas du tout à ce qu'ils avaient demandé. J'ai repris deux de ces sites et, pour la troisième cliente, construit un annuaire sur WordPress, la solution la plus simple pour tenir son budget.

Ma méthode est toujours la même. Quand j'ai accès au code, je le fais d'abord analyser par un outil d'IA, je le relis, puis je fais le point avec le client avant de chiffrer quoi que ce soit. Sans accès au code, je lui demande le détail des fonctionnalités. Et quand le code de départ est de mauvaise qualité, je ne prends pas le risque de le modifier : je repars de zéro, sur des technologies récentes.

Trouver un développeur n'est pas le plus difficile. Il y en a partout. Le difficile, c'est de choisir celui qui livrera une plateforme qui tient, au prix annoncé, et qui vous laissera les clés. Voici les options, les questions à poser et les signaux qui doivent vous alerter.

Les quatre façons de trouver un développeur

Les plateformes de freelances

Malt, Codeur.com, Upwork et d'autres permettent de publier un projet et de recevoir des propositions en quelques heures. C'est rapide, et les profils sont notés par leurs clients précédents.

La contrepartie : vous recevez beaucoup de réponses, de qualité très inégale, et la comparaison se fait souvent sur le prix. Les notes reflètent surtout des petites missions. Pour une plateforme avec paiement et comptes utilisateurs, vérifiez que le développeur a déjà livré un projet comparable, et qu'il est toujours en ligne.

Les agences

Une agence apporte plusieurs profils : chef de projet, designer, développeurs. Elle absorbe les absences et les départs. Elle coûte aussi plus cher, souvent de 25 000 à 60 000 € pour une première version, comme je le détaille dans l'article sur le prix d'une plateforme de mise en relation.

Demandez qui développera réellement votre projet : une partie des agences sous-traite le code à des freelances ou à l'étranger. Ce n'est pas un problème en soi, à condition de le savoir.

Le freelance en direct

Par le bouche-à-oreille, LinkedIn ou une recherche locale. C'est souvent la meilleure option pour un MVP : un seul interlocuteur, qui écrit le code lui-même, sans intermédiaire.

Le point à vérifier : ce qui se passe après la mise en ligne. Un freelance qui enchaîne les projets sans suivre les anciens vous laissera seul au premier problème.

L'associé technique

Un développeur qui rejoint votre société comme associé, en échange de parts. Quand ça fonctionne, c'est une vraie force : quelqu'un qui porte la technique sur la durée, avec le même intérêt que vous. Mais ça se construit, et ce n'est pas un raccourci pour ne pas payer le développement.

Pourquoi l'« associé CTO gratuit » marche rarement

Je vois régulièrement des annonces qui cherchent « un associé CTO pour développer une plateforme, rémunéré en parts ». Je comprends l'idée quand on finance son projet seul. Mais dans les faits, ça fonctionne rarement.

Le risque n'est pas partagé de la même façon. Le porteur de projet apporte l'idée. Le développeur apporte des mois de travail, sans revenu, sur un projet qu'il n'a pas choisi. S'il ne marche pas, il a tout perdu.

Les bons développeurs ont déjà des clients. Ceux qui acceptent ce type d'accord sont souvent débutants, ou disponibles entre deux missions. Dans les deux cas, ils risquent de partir dès qu'une mission payée se présente.

Le projet s'arrête avec lui. Un associé qui part laisse un code que personne d'autre ne connaît, souvent sans documentation.

Un vrai associé technique, c'est quelqu'un qui croit au projet au point d'y engager sa carrière. Ça se trouve, mais ça prend du temps. En attendant, mieux vaut payer un MVP raisonnable, prouver que l'idée fonctionne, et proposer une association à quelqu'un sur un projet qui a déjà des clients.

On me fait ce type de proposition de plus en plus souvent, au point que ça devient presque la norme. Ma réponse est toujours la même : je ne peux pas prendre ce risque. Mon activité doit faire rentrer de l'argent, et je ne peux pas consacrer des mois de travail à un projet qui n'aboutira peut-être pas.

Ça ne veut pas dire que je n'aide jamais sans contrepartie. Sur un projet que j'avais développé, j'ai continué à épauler la cliente bénévolement, parce que je crois en ce qu'elle construit. Mais cette relation est née d'un vrai travail ensemble, pas d'une promesse de parts avant la première ligne de code.

Les questions à poser avant de signer

Un premier échange doit vous permettre de répondre à ces questions. Si le développeur ne vous en pose aucune sur votre projet, c'est déjà une information.

  1. Avez-vous déjà livré une plateforme comparable, et est-elle toujours en ligne ? Demandez à la voir, et à parler au client.
  2. Qui va écrire le code ? Vous, une équipe interne, un sous-traitant ?
  3. Qu'est-ce qui n'est pas inclus dans le devis ? Hébergement, maintenance, design, contenus, services externes.
  4. Comment vais-je suivre l'avancement ? Des livraisons régulières que vous pouvez tester, plutôt qu'un projet livré en bloc à la fin.
  5. Comment sont gérées les demandes en cours de route ? Une nouvelle idée arrivera forcément. Comment est-elle chiffrée et validée ?
  6. Que se passe-t-il après la mise en ligne ? Qui corrige les bugs, qui fait les mises à jour de sécurité, à quel prix ?
  7. À qui appartiendront le code et les accès ? Voir plus bas.

Les signaux d'alerte dans un devis

Certains devis doivent vous faire lever les yeux de la ligne « Total ».

Une seule ligne « Développement de la plateforme ». Sans détail des fonctionnalités, impossible de savoir ce qui est prévu, ni de comparer deux devis. Un cahier des charges clair aide à l'éviter : j'explique comment le préparer dans l'article sur le cahier des charges d'une application web.

Un prix très bas. Un devis à 1 000 € pour une plateforme avec paiement laisse forcément de côté la vérification d'identité, la sécurité, les tests ou la maintenance. Ces sujets reviendront, plus chers.

Aucune mention de l'après. Ni hébergement, ni maintenance, ni garantie de correction des bugs.

Un délai trop court. Une plateforme avec paiement en deux semaines, c'est soit un modèle tout fait très limité, soit une promesse qui ne sera pas tenue.

Une technologie propriétaire. Si la plateforme repose sur un outil maison du prestataire, vous ne pourrez la faire évoluer qu'avec lui.

Tout payer à la commande. Un acompte est normal. Le reste doit suivre les livraisons.

Bon réflexe : avant de signer, demandez au prestataire de vous expliquer son devis ligne par ligne, en vingt minutes, sans jargon. S'il n'y arrive pas, il aura du mal à vous expliquer les problèmes quand ils arriveront.

La propriété du code, le point que tout le monde oublie

En France, un logiciel appartient à celui qui l'a écrit. Si votre contrat ne prévoit pas de cession des droits par écrit, le code de votre plateforme reste juridiquement celui du développeur, même si vous l'avez payé. La seule exception concerne les salariés : le code qu'ils écrivent appartient à leur employeur (article L113-9 du Code de la propriété intellectuelle). Un freelance ou une agence n'est pas votre salarié.

Vérifiez aussi les accès concrets, qui doivent tous être ouverts à votre nom :

  • le dépôt du code source (sur GitLab ou GitHub, par exemple) ;
  • l'hébergement et la base de données ;
  • le nom de domaine ;
  • le compte de la solution de paiement ;
  • les comptes des services externes (e-mails, cartes, SMS).

Le jour où vous changez de prestataire, c'est ce qui fait la différence entre une passation de quelques jours et des mois de blocage.

Si vous reprenez un projet développé par quelqu'un d'autre, faites d'abord le point sur ce qui existe : c'est ce que j'explique dans l'article sur la dette technique.

Comment je travaille

Je développe moi-même les plateformes que je conçois, et le code, l'hébergement et les comptes sont à votre nom dès le départ.

Si votre projet n'est pas encore défini, on commence par un cadrage : un cahier des charges court, priorisé et chiffré, que vous pouvez confier à qui vous voulez. Si vous me confiez ensuite le développement de votre plateforme, le prix du cadrage est déduit.

Questions fréquentes

Où trouver un développeur freelance ?

Sur les plateformes de freelances comme Malt ou Codeur.com, par le bouche-à-oreille, sur LinkedIn ou par une recherche locale. Le plus important n'est pas l'endroit, mais la vérification : des projets comparables en production, des références joignables et un devis détaillé.

Faut-il choisir un freelance ou une agence pour son projet ?

Pour un MVP, un freelance expérimenté est souvent plus adapté : un seul interlocuteur qui code lui-même, pour un budget plus bas. Une agence se justifie pour un projet large, avec un design sur mesure et plusieurs profils à mobiliser en même temps.

Peut-on trouver un associé développeur qui travaille gratuitement ?

C'est rare, et cela fonctionne rarement. Un bon développeur a des clients qui le paient, et travailler des mois sans revenu sur le projet d'un autre est un risque qu'il accepte difficilement. Un vrai associé technique s'engage sur le long terme et partage les décisions, ce qui se construit avec le temps.

À qui appartient le code de mon application ?

En France, le code appartient à celui qui l'a écrit, sauf si le contrat prévoit une cession des droits par écrit. Vérifiez que le devis ou le contrat la mentionne, et que le dépôt de code, l'hébergement, le nom de domaine et les comptes de paiement sont ouverts à votre nom.

Parlons de votre projet.

Un appel de 30 minutes, sans engagement. Vous m'expliquez où vous en êtes, je vous dis franchement si je peux vous aider.